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22.04.2009

En sommeil...

Ce blog entre dans une phase de sommeil.

D'ailleurs, on ne parle plus beaucoup de l'Irlande du Nord.

Si vous souhaitez suivre l'actualité de là-bas, je vous invite à consulter le coin médias.

Si vous envisagez de partir à Belfast prochainement, je vous invite à lire "Un été à Belfast" en guise de mise en bouche et de l'emporter comme compagnon de voyage. Certains de mes lecteurs l'ont fait et ne l'ont pas regretté.

03.04.2009

C'était un vendredi

Le 10 avril prochain, cela fera 11 ans que l'accord de paix a été conclu en Irlande du Nord. Chose amusante, le vendredi saint tombe cette année le 10 avril 2009, renvoyant ainsi à l'accord éponyme conclu 11 ans plus tôt. Du moins, c'est ainsi qu'on le nomme dans les pays à dominante catholique. C'est ainsi que les Catholiques d'Irlande du Nord ont coutume de l'appeler Accord du Vendredi Saint (Good Friday Agreement). Pour leur part, les Protestants d'Ulster l'ont baptisé Accord de Belfast (Belfast Agreement). Eh oui, la religion protestante ne reconnaît pas les saints. On a tendance à l'oublier. Comme quoi, les expressions sont piégées et peuvent trahir le back-ground culturello-religieux.

13.05.2008

La fin des Peacelines?

Ian Paisley, Premier ministre nord-irlandais jusqu'à la fin du mois, a exprimé le souhait que le travail commence pour mettre à bas les peacelines. Ce n'est pas la première fois qu'une telle intention est émise. A Belfast, le Belfast Interface Projet est un des acteurs-clés pour solutionner ce problème. Il s'attèle depuis 1995 à réduire les conflits et à régénérer les interfaces.

Par ailleurs, si vous souhaitez en savoir plus sur les peacelines, je vous renvoie à l'article que je viens d'écrire pour le magazine "Libertés" d'Amnesty international : "Murs physiques, barrières mentales".

26.01.2008

Division, multiplication et écologie

Selon un récent rapport de la Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS), la division de la société nord-irlandaise serait lourde de conséquences en termes d'empreinte écologique, rapporte The NewsLetter. Et de fait, il a fallu souvent dédoublé certaines services, afin de répondre aux besoins des communautés repliées sur elles-mêmes. Pas question, en effet, pour un Catholique de fréquenté le même service qu'un Protestant et vice-versa. Plus qu'une aversion pour l'autre communauté, la peur explique plus sûrement ces comportements. La création "d'espaces partagés" s'avérerait des plus bénéfiques sur les plans social, économique et environnemental. Il existe déjà différents projets "partagés" à Belfast, tel celui de Duncairn Gardens, de Stewartstown Road (1 et 2) ou de l'Ashton Center.

25.09.2007

Retour à Belfast - 7

Reprise (enfin!) de mes Chroniques belfastoires - toujours en guise de suite à "Un été à Belfast" (L'Harmattan). Lisez ou relisez les épisodes précédents dans la rubrique spécifique. Vous pourrez aussi les retrouver ainsi que d'autres aventures urbaines sur mon autre blog : http://memoires-urbaines.over-blog.com

 

La voiture se faufile tant bien que mal dans les embouteillages et la nuit noire. Elle gagne le quartier universitaire où se trouvent une partie des bureaux du Social Economy Belfast programme. Une perpendiculaire à Botanic Avenue est fermée par une barrière de sécurité. Rachel l'ouvre en tapant son code.

- Cette rue est notre parking. Il y a pas mal de bureaux par ici.

La rue m'avait l'air a priori plutôt résidentielle. Mais bon! Les maisons doivent dater du début du siècle - pas celui-ci, l'autre (le 20e siècle, puisque nous sommes censés être au 21e). Rachel connaît un endroit où le thé et les gâteaux valent le détour. Peu importe l'endroit pour moi. Du moment qu'on soit au chaud.

Le salon s'avère des plus accueillant. La clientèle semble majoritairement estudiantine, le personnel asiatique. Après avoir passé commande au bar, nous nous choisissons une table. Rachel sort plusieurs documents de son sac et entreprend de m'expliquer la situation de l'économie sociale en Irlande du Nord.

 

800 entreprises d'économie sociale

En 2004, l'Irlande du Nord comptait 800 entreprises d'économie sociale, dont 170 à Belfast. Celles-ci étaient, bien entendu, à différents stades de développement. La plupart se trouve implantée dans des zones défavorisées et participe au processus de réconciliation des communautés. A Belfast, elles sont principalement actives dans le secteur des services de proximité (formation, éducation, petite enfance), le secteur du social et de la santé, le secteur de la culture et les cafés communautaires.
La mission du Social Economy Belfast Programme consiste à former les personnes avant qu'elles ne lancent leur entreprise, à exercer un rôle de mentor, à favoriser l'échange de bonnes pratiques ou encore à développer les réseaux. « Toutefois, le mentoring représente la part la plus importante de notre activité, m'explique Rachel. Le mentor peut aider l'entrepreneur social à travers les différentes phases de son projet : plan stratégique, plan marketing, recherche de financeurs, etc. »


Succes stories

Il semble que cette approche porte ses fruits, car le secteur connaît plus d'une success story. Ainsi, le Farset International est un hôtel construit dans le quartier ouest de la ville en 2003, sur une interface qui a été témoin par le passé d'affrontements entre Catholiques et Protestants. L'hôtel compte 38 chambres et met à disposition des salles de réunions et de conférences pour des groupes locaux et internationaux. Une bonne partie des invités de Banlieues d'Europe y logera d'ailleurs pour les deux nuits à venir. Cet hôtel vise à offrir des opportunités d'emploi aux habitants d'un quartier où le taux de chômage est élevé. La présence des touristes entraîne aussi des retombées économiques pour les commerces locaux.
Non loin d'ici, le Common Grounds Café a pris place dans un quartier où des tensions ont souvent opposés habitants et étudiants. Depuis septembre 2004, ce café communautaire favorisent la rencontre des habitants et des étudiants. Les bénéfices servent à financer des projets dans les pays du Tiers-Monde.
Et la liste ne s'arrête pas là...

Incertitudes pour le futur

L'efficacité de cet accompagnement à la création d'entreprises d'économie social pourrait ne plus être aussi bien assuré. « Avec le début de la nouvelle programmation 2007-2013, les fonds de l'Union européenne ont été réduits de manière significative en Irlande du Nord, me dit Rachel. Des 26 organisations de partenariats de stratégie locale (Local Strategy Partnerships), il pourrait bien n'en rester plus que 6 ou 7, beaucoup plus centralisés. En ce moment, elles existent toujours et sont en train de finaliser les payements de la dernière programmation européenne, qui autorise des dépenses jusqu'en 2008. Après, leur futur est plus qu'incertain. »

14.09.2007

De l'Ulster à la Somme - 3

La bataille de la Somme a fortement marqué les esprits, au point qu'à Belfast, il n'est pas rare d'y voir des murals qui y font référence. On les trouve en particulier dans les fiefs de l'UVF. Ces murals soulignent la continuité du combat de l'UVF depuis la Première Guerre mondiale jusqu'à la période des Troubles. Mais la nature de "l'ennemi" a varié avec le temps.

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11.09.2007

De l'Ulster à la Somme - 2

Dans le précédent article, j'expliquais que les troupes irlandaises sur le front de la Somme avaient été en partie décimées par des "tirs amis". Le site français "chemins de mémoire" explique ce drame qui a coûté la vie à 5 500 des 15 000 hommes de la 36e division d'Ulster, qui appartenaient à l'Ulster Volunteers Force (UVF), l'organisation paramilitaire bien connue. Côté catholique, les "Irish Volunteers" furent incorporées dans les 10e et 16e divisions irlandaises.

Au pied de la Tour d'Ulster, il est fréquent de voir des couronnes de fleurs en plastique représentant les coquelicots des champs de bataille de la Somme.

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07.09.2007

De l'Ulster à la Somme - 1

L'automne dernier, je me trouvais dans un taxi belfastois en compagnie de deux amis français. Le chauffeur nous a tout naturellement demandé d'où l'on venait. "France et Belgique", furent nos réponses. Il nous a dit alors que son grand-père avait combattu en Belgique lors de la Première Guerre mondiale.

Il a cité la Somme.

Etonnement de notre part.

- "Vous êtes sûr que ce n'était pas en France?".

- "Non, c'était en Belgique." On ne l'a pas contredit.

"Un jour j'irai là-bas, voir où il a combattu." Puis il a embrayé : "Beaucoup de Catholiques ont combattu dans les rangs de l'armée britannique lors de la Première Guerre mondiale. On n'en parle pas trop dans la communauté catholique. Ce n'était pas bien vu." Je me suis demandé s'il était Catholique...

C'est en pensant à ce chauffeur de taxi, que cet été, j'ai fait un détour par les champs de bataille de la Somme. En traversant cette belle et paisble région, où fleurissent les cimitières militaires et les monuments aux morts, on a du mal à imaginer que ce fût un enfer 80 ans plus tôt. Non loin de Thiépval, la tour d'Ulster s'élève en hommage aux combattants irlandais qui sont venus mourir loin de chez eux, parfois victimes de "tirs amis", en particulier lorsque l'artillerie anglaise les a pilloné parce qu'elle n'imaginait pas que les soldats du 36th Ulster Regiment s'étaient enfoncés aussi loin dans les lignes ennemies.

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31.08.2007

Gordel et "marches orangistes"

L'été a été relativement calme en Irlande du Nord. La "saison des marches" protestantes s'est déroulée pour ainsi dire sans incidents. Plusieurs observateurs locaux m'ont souvent expliqué que le problème d'une parade orangiste n'était pas forcément la parade elle-même, mais le fait qu'elle soit vécue comme une provocation par l'autre communauté. Un peu comme le "Gordel" en Belgique. Soulignons que lors de ces événements, l'émotionnel l'emporte largement sur le rationnel (relire "La surenchère du mépris").

Logique territoriale

Lors de ces événements, deux logiques s'affrontent : l'une territoriale, l'autre démographique ; ou pour faire plus "belge", le "droit du sol" et le "droit des gens".

En Irlande du Nord, pour les Protestants, il est normal de défiler dans des quartiers qui sont "historiquement" protestants. Pour les Catholiques, il est anormal que les parades orangistes passent par des quartiers devenus "démographiquement" catholiques. Ils y voient une provocation de la part de l'autre communauté.

En Belgique, le "Gordel" se retrouve pris dans une dynamique d'opposition similaire. Le "Gordel" est une promenade cycliste, à caractère politique (et sportif), qui vise à rappeler chaque année le caractére flamand de la périphérie bruxelloise, même si celle-ci est aujourd'hui majoritairement francophone sur le plan démographique. Dès lors, si pour les Flamands il est normal de défiler sur un territoire qui est "historiquement" flamand, les francophones de la périhérie vivent cela comme une provocation.

Affrontements

Il n'est guère utile de rappeler ici que les marches protestantes se sont souvent illustrées par des émeutes et d'autres actions violentes. Certains membres de la communauté catholique ont été à l'origine de maints jets de pierres, cocktails molotov, bombes artisanales et autres en direction de ces défilés. Avec le processus de paix, le dialogue domine toutefois et la violence est en voie de régression.

Fort heureusement, le "Gordel" ne connaît pas de tels affrontements. Toutefois, les organisateurs enregistrent chaque année des "actes de sabotage" : poteaux de signalisation modifiés ou retirés, clous jetés sur la chaussée par milliers en vue de crever les pneus des vélos et arbres abattus en travers du parcours. En 2006, la Libre Belgique rapportait qu'un avocat francophone affilié au barreau de Bruxelles avait été arrêté par la police, alors qu'il répandait des clous sur le trajet du Gordel. Ce juriste confirmé devait pourtant bien être au fait des risques qu'il encourait, son acte équivalant à du vandalisme. Cette année, les organisateurs du Gordel redoutent encore davantage de tels actes d'hostilité de la part des francophones, vu l'exacerbation des tensions communautaires qui ont résultées des "négociations" gouvernementales.

Chacun sa promenade ou sa parade "festive"

Il est également étrange - ou logique - que dès que l'autre communauté organise sa parade ou sa promenade cycliste ("La Saint-Patrick" en Irlande du Nord ou "La Promenade verte" à Bruxelles), cela soit également perçu comme une provocation par la première communauté. Bien entendu, dans les deux cas, les organisateurs estiment légitime d'organiser cet événement et s'étonnent de la réaction offensée de l'autre communauté.

On observera aussi que les divers organisateurs insistent sur le caractère familial et festif de ces parades et autres promenades, sous-entendant qu'elles n'auraient aucun impact sur le plan politique.

Faut-il y voir de la naïveté ou de l'aveuglement? A moins qu'il ne s'agisse tout simplement d'hypocrisie...

07.08.2007

La fin des "murals"?

fbd76558072d5432603b65bd6cb020a8.jpgAlors que les "murals" paramilitaires d'Irlande du Nord sont considérées comme la principale attraction touristique du Royaume-Uni, un vaste programme vise à les faire remplacer par des fresques plus neutres, rapporte la BBC, ce lundi 6 août. En 2006, l'Irlande du Nord a lancé le "Re-Imaging7a4119d4532593e402577b9e928b98ce.jpg Communities Programme" (lire ou relire : Retour à Belfast 6). Il vise à aider les communautés à se réapproprier leurs espaces publics. Le budget prévu s'élève à 3,3 millions de livres sterling.

Précisons, par ailleurs, que Belfast a été classée dans le "top 10" des destinations à la mode en 2007 par le Guide de voyage Lonely Planet, précisait la BBC le 1er août. Elle attire 6 millions de visiteurs par an (alors qu'elle compte 276 459 habitants [2001] et que la zone métropolitaine du grand Belfast compte 579 554 habitants), qui rapportent 285 millions de livres sterling à l'économie et assurent 16 000 emplois équivalents temps plein.

 

 

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