11.09.2007
De l'Ulster à la Somme - 2
Dans le précédent article, j'expliquais que les troupes irlandaises sur le front de la Somme avaient été en partie décimées par des "tirs amis". Le site français "chemins de mémoire" explique ce drame qui a coûté la vie à 5 500 des 15 000 hommes de la 36e division d'Ulster, qui appartenaient à l'Ulster Volunteers Force (UVF), l'organisation paramilitaire bien connue. Côté catholique, les "Irish Volunteers" furent incorporées dans les 10e et 16e divisions irlandaises.
Au pied de la Tour d'Ulster, il est fréquent de voir des couronnes de fleurs en plastique représentant les coquelicots des champs de bataille de la Somme.
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07.09.2007
De l'Ulster à la Somme - 1
L'automne dernier, je me trouvais dans un taxi belfastois en compagnie de deux amis français. Le chauffeur nous a tout naturellement demandé d'où l'on venait. "France et Belgique", furent nos réponses. Il nous a dit alors que son grand-père avait combattu en Belgique lors de la Première Guerre mondiale.
Il a cité la Somme.
Etonnement de notre part.
- "Vous êtes sûr que ce n'était pas en France?".
- "Non, c'était en Belgique." On ne l'a pas contredit.
"Un jour j'irai là-bas, voir où il a combattu." Puis il a embrayé : "Beaucoup de Catholiques ont combattu dans les rangs de l'armée britannique lors de la Première Guerre mondiale. On n'en parle pas trop dans la communauté catholique. Ce n'était pas bien vu." Je me suis demandé s'il était Catholique...
C'est en pensant à ce chauffeur de taxi, que cet été, j'ai fait un détour par les champs de bataille de la Somme. En traversant cette belle et paisble région, où fleurissent les cimitières militaires et les monuments aux morts, on a du mal à imaginer que ce fût un enfer 80 ans plus tôt. Non loin de Thiépval, la tour d'Ulster s'élève en hommage aux combattants irlandais qui sont venus mourir loin de chez eux, parfois victimes de "tirs amis", en particulier lorsque l'artillerie anglaise les a pilloné parce qu'elle n'imaginait pas que les soldats du 36th Ulster Regiment s'étaient enfoncés aussi loin dans les lignes ennemies.
22:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : belfast, ulster, irlande du nord, somme, thiépval, première guerre mondiale
31.08.2007
Gordel et "marches orangistes"
L'été a été relativement calme en Irlande du Nord. La "saison des marches" protestantes s'est déroulée pour ainsi dire sans incidents. Plusieurs observateurs locaux m'ont souvent expliqué que le problème d'une parade orangiste n'était pas forcément la parade elle-même, mais le fait qu'elle soit vécue comme une provocation par l'autre communauté. Un peu comme le "Gordel" en Belgique. Soulignons que lors de ces événements, l'émotionnel l'emporte largement sur le rationnel (relire "La surenchère du mépris").
Logique territoriale
Lors de ces événements, deux logiques s'affrontent : l'une territoriale, l'autre démographique ; ou pour faire plus "belge", le "droit du sol" et le "droit des gens".
En Irlande du Nord, pour les Protestants, il est normal de défiler dans des quartiers qui sont "historiquement" protestants. Pour les Catholiques, il est anormal que les parades orangistes passent par des quartiers devenus "démographiquement" catholiques. Ils y voient une provocation de la part de l'autre communauté.
En Belgique, le "Gordel" se retrouve pris dans une dynamique d'opposition similaire. Le "Gordel" est une promenade cycliste, à caractère politique (et sportif), qui vise à rappeler chaque année le caractére flamand de la périphérie bruxelloise, même si celle-ci est aujourd'hui majoritairement francophone sur le plan démographique. Dès lors, si pour les Flamands il est normal de défiler sur un territoire qui est "historiquement" flamand, les francophones de la périhérie vivent cela comme une provocation.
Affrontements
Il n'est guère utile de rappeler ici que les marches protestantes se sont souvent illustrées par des émeutes et d'autres actions violentes. Certains membres de la communauté catholique ont été à l'origine de maints jets de pierres, cocktails molotov, bombes artisanales et autres en direction de ces défilés. Avec le processus de paix, le dialogue domine toutefois et la violence est en voie de régression.
Fort heureusement, le "Gordel" ne connaît pas de tels affrontements. Toutefois, les organisateurs enregistrent chaque année des "actes de sabotage" : poteaux de signalisation modifiés ou retirés, clous jetés sur la chaussée par milliers en vue de crever les pneus des vélos et arbres abattus en travers du parcours. En 2006, la Libre Belgique rapportait qu'un avocat francophone affilié au barreau de Bruxelles avait été arrêté par la police, alors qu'il répandait des clous sur le trajet du Gordel. Ce juriste confirmé devait pourtant bien être au fait des risques qu'il encourait, son acte équivalant à du vandalisme. Cette année, les organisateurs du Gordel redoutent encore davantage de tels actes d'hostilité de la part des francophones, vu l'exacerbation des tensions communautaires qui ont résultées des "négociations" gouvernementales.
Chacun sa promenade ou sa parade "festive"
Il est également étrange - ou logique - que dès que l'autre communauté organise sa parade ou sa promenade cycliste ("La Saint-Patrick" en Irlande du Nord ou "La Promenade verte" à Bruxelles), cela soit également perçu comme une provocation par la première communauté. Bien entendu, dans les deux cas, les organisateurs estiment légitime d'organiser cet événement et s'étonnent de la réaction offensée de l'autre communauté.
On observera aussi que les divers organisateurs insistent sur le caractère familial et festif de ces parades et autres promenades, sous-entendant qu'elles n'auraient aucun impact sur le plan politique.
Faut-il y voir de la naïveté ou de l'aveuglement? A moins qu'il ne s'agisse tout simplement d'hypocrisie...
10:45 Publié dans Belgique, Frontières et territoires | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : belgique, périphérie, bruxelles, marche orangiste, gordel, belfast
07.08.2007
La fin des "murals"?
Alors que les "murals" paramilitaires d'Irlande du Nord sont considérées comme la principale attraction touristique du Royaume-Uni, un vaste programme vise à les faire remplacer par des fresques plus neutres, rapporte la BBC, ce lundi 6 août. En 2006, l'Irlande du Nord a lancé le "Re-Imaging
Communities Programme" (lire ou relire : Retour à Belfast 6). Il vise à aider les communautés à se réapproprier leurs espaces publics. Le budget prévu s'élève à 3,3 millions de livres sterling.
Précisons, par ailleurs, que Belfast a été classée dans le "top 10" des destinations à la mode en 2007 par le Guide de voyage Lonely Planet, précisait la BBC le 1er août. Elle attire 6 millions de visiteurs par an (alors qu'elle compte 276 459 habitants [2001] et que la zone métropolitaine du grand Belfast compte 579 554 habitants), qui rapportent 285 millions de livres sterling à l'économie et assurent 16 000 emplois équivalents temps plein.
18:20 Publié dans Actu, Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Belfast, Murals, paramilitaires, tourisme



